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04-07-2009
 
 
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Carnet de Jean-Pierre Chevènement

80% d’une classe d’âge au niveau du bac ? Une exigence républicaine

Communiqué de presse de Jean-Pierre Chevènement, ancien ministre de l'éducation nationale, sénateur du Territoire de Belfort, vendredi 19 juin 2009.


Comme Ministre de l’Education Nationale, et de concert avec Roland Carraz, Secrétaire d’Etat aux enseignements technologiques, j’ai entrepris de promouvoir l'enseignement technologique et professionnel par une loi votée en novembre 1985 (n°85-1371), qui crée notamment les baccalauréats professionnels. Cette loi répond à l'objectif de 80% d'une classe d'âge atteignant le niveau du baccalauréat en l'an 2000.

Or une confusion regrettable semble persister entre le nombre de jeunes poursuivant leurs études jusqu’au « niveau du bac », en gros à l’âge de 18 ans, et le nombre de bacheliers, confusion relayée par un certain nombre d’articles parus dans la presse cette semaine.

Le fait que 64% d’une même génération décroche le bac est indépendant de l’objectif des « 80% au niveau du bac ». Tout dépend du niveau d’exigence qu’à mon sens il faut maintenir pour concilier la quantité et la qualité. Comme le disait Paul Langevin à la Libération : « L’Ecole doit assurer la promotion de tous, et la sélection des meilleurs ».


L’augmentation du flux de lycéens de 1984 à 1995 a résulté d’une volonté politique progressiste, celle d’une gauche républicaine, soucieuse de l’intérêt du pays. La création des baccalauréats professionnels y a certes contribué (127 000 candidats cette année), mais elle n’y aurait pas suffi (le total des candidats en 2009 a atteint 622 000 dont 331 000 au baccalauréat général). La décentralisation de la construction des lycées au niveau des régions, résultant de la loi votée en novembre 1985, a également joué un rôle important dans la promotion des études longues en modernisant et renouvelant le parc de nos lycées.

Ce n’est pas seulement le Japon, mais pratiquement tous les grands pays développés qui, au milieu des années 80, avaient déjà atteint l’objectif des 70 à 80% de jeunes ayant fait des études jusqu’à l’âge de 18 ans. C’est cette considération qui, en 1984, m’a paru déterminante. Ma prétendue « fascination » pour le Japon qui, à bien des égards d’ailleurs (enseignement supérieur, recherche) mériterait de servir d’exemple, est anecdotique.

La politique volontariste que j’ai menée a porté ses fruits jusqu’en 1995. Elle a représenté un progrès incontestable que traduit aujourd’hui le doublement du nombre de lycéens et d’étudiants par rapport à 1985. Là comme ailleurs, c’est l’intérêt du pays qui commande.

Le problème posé depuis 1996, c’est la stagnation du nombre d’élèves parvenant au niveau du bac, c'est-à-dire poursuivant des études longues jusqu’à 18 ans. La solution n’est pas de faciliter l’accès au bac par un rabais d’exigence, mais de revaloriser les filières qui doivent l’être : baccalauréats technologiques et professionnels d’abord, en leur accordant les moyens en personnels et en locaux qu’ils méritent, filière littéraire ensuite, injustement négligée et qui a impérativement besoin d’être renforcée, car elle aussi répond à un besoin social incontestable.

 

 

 

La droite l'emporte en fait par défaut

Communiqué de presse de Jean-Pierre Chevènement, président du Mouvement Républicain et Citoyen.


Les élections européennes n'en finissent pas de battre le record de l'abstentionnisme : 57% en 2004, 60% en 2009. Ce record, largement partagé hors de nos frontières, traduit le triple échec économique, politique et identitaire de l'Europe libérale et technocratique. L'explosion du chômage et la délocalisation de nos industries reflètent la soumission de cette construction européenne au capitalisme financier mondialisé. Les peuples ne se reconnaissent pas dans cette machine d'impuissance, incapable de les défendre des concurrences les plus déloyales, celle du dollar, comme celle des pays à très bas coûts salariaux.

A cet égard, le traité de Lisbonne, véritable déni de démocratie, ne peut rien régler. Il faut tout remettre à plat. Voilà ce qu'ont voulu dire les 3/5 des électeurs qui ont refusé de s'exprimer dans un simulacre d'élection à un simulacre de Parlement.

Le fait dominant est la décomposition de la gauche sociale-libérale. L'échec du PS, en France, reflète son incapacité persistante à faire la critique du tournant libéral et européiste qui depuis les années 80 l'a progressivement coupé des couches populaires.

Le succès apparent de la droite en Europe, et particulièrement de l'UMP en France, doit être relativisé par le niveau sans précédent de l'abstention. Les listes de l'UMP n'ont rassemblé en réalité qu'11,2% des électeurs.

La poussée des écologistes reflète la désagrégation de l'électorat socialiste. Le reste est accessoire : il suffit de rapporter les scores obtenus au nombre des électeurs qui se sont exprimés, moins de deux sur cinq.

Pour la gauche, la solution à l'avenir serait de mobiliser les 3/5 des électeurs qui ont refusé de voter. Le MRC est prêt pour sa part à contribuer à une refondation républicaine dont la nécessité s'impose à l'évidence.

A défaut d'une révolution copernicienne, la gauche me paraît vouée à un déclin inexorable.


Jean-Pierre Chevènement le Lundi 08 Juin 2009
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G Sarre

Communiqué de Georges SARRE en réaction aux annonces du Président de la République


Le Président de la République apporte aux phénomènes de bandes des réponses Canada Dry : ça a l’apparence d’une politique de sécurité, mais ce n’est pas une politique de sécurité. En particulier, le nouveau délit de « participation en connaissance de cause à un groupement, même formé de façon temporaire » est redondant par rapport à l’actuel délit « d’association de malfaiteurs ». Quant aux violences en groupe, « en réunion » ou en « bandes organisées » elles sont déjà des circonstances aggravantes.

Il existe une réalité des phénomènes de bandes, qui, sans être nouvelle, est effectivement croissante, notamment en Ile de France. Elle s’inscrit dans un contexte de crise économique et sociale, de crise nationale et civique, de crise de l’autorité et de la parentalité…

Cette réalité appelle des actes et non des paroles, fussent-elles présidentielles :

- Il faut agir : partager l’information en temps réel, entre acteurs de la prévention : éducation nationale, municipalités, organismes de prévention spécialisée, police, justice.

- Il faut agir : lutter efficacement contre l’absentéisme chronique à l’école, la déscolarisation, et plus globalement l’échec scolaire, grâce à une mobilisation accrue de l’administration de l’Education Nationale et à l’ouverture d’établissements spécialisés.

- Il faut agir : renforcer la présence policière au plus proche du terrain.

- Il faut agir : lutter contre la récidive, en renforçant la qualité de la réponse judiciaire, grâce au recrutement de magistrats et d’éducateurs de la PJJ (Protection Judiciaire de la Jeunesse) , au développement des alternatives à la peine et a l’incarcération, et au renforcement des moyens des services pénitentiaires afin d'exécuter plus vite les peines et de mieux préparer les détenus à la sortie de prison…

A Paris, le Contrat Parisien de Sécurité signé le 3 mars dernier prévoit une réponse globale et coordonnée aux phénomènes des bandes. Mais de quels moyens disposeront les acteurs de la sécurité, quand on voit, notamment, le sous effectif chronique du tribunal pour enfants de Paris, de la Protection Judiciaire de la Jeunesse et des Services Pénitentiaires d'Insertion et de Probation ? Pourra-t-on maintenir et renforcer une police urbaine de proximité à Paris quand la RGPP prévoit à l’échelle nationale la suppression de 18.000 policiers ? Quels moyens les collectivités pourront-elles consacrer à la prévention quand l’Etat étrangle leur budget en n’attribuant pas les financements des politiques décentralisées (l’Etat doit ainsi 300 Millions d’Euros en 2009 à la ville et au département de Paris) ?

Il y aurait bien des chantiers pour une action gouvernementale audacieuse et volontariste contre l’insécurité, et notamment les phénomènes des bandes. Mais le Président de la République, plutôt que de faire le choix de l’action, préfère la surenchère dans la communication, le bavardage et la gesticulation juridiques. Dans ces conditions, on peut craindre que les statistiques des violences aux personnes, notamment non crapuleuses, se dégraderont sans cesse au cours des prochains mois, comme elles se sont sans cesse dégradées depuis que Nicolas Sarkozy a eu des responsabilités en matière de sécurité intérieure.


Georges SARRE
Maire adjoint de Paris chargé de la sécurité et de la prévention
Secrétaire national du Mouvement Républicain et Citoyen
«Guère compatible» avec les engagements extérieurs de la France, la diminution prévue de 54 000 postes dans l’armée «est loin de l'inspiration gaulliste de la défense», estime l’ex-ministre de la Défense du gouvernement Rocard.

AFP

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