Publié le mardi 20 mars 2012 à 08H43 - Vu 235 fois

Selon la candidate : « Jean-Pierre Chevènement, est un homme qui était et qui reste en avance sur son temps. »
Aisne. La candidate du MRC se présentera officiellement dans la 4e circonscription de l'Aisne pour les législatives. Elle se confie à notre titre.
MARIE-FRANÇOISE BECHTEL sera candidate sur la quatrième circonscription lors des prochaines législatives. La première vice-présidente du Mouvement républicain et citoyen, dont le président d'honneur est Jean-Pierre Chevènement, a été officiellement investie par les instances nationales, malgré les réticences des militants locaux à la tête desquels Patrick Day, le maire de Soissons. Une rencontre entre la parachutée et le premier magistrat de la cité du Vase a eu lieu jeudi dernier. Deux jours après, ils étaient assis côte à côte lors d'une conférence de presse en faveur de François Hollande. En marge de ce rendez-vous, Patrick Day ne cachait pas que Marie-Françoise Bechtel lui avait fait plutôt bonne impression : « Je suis agréablement surpris. Ce n'est pas du tout la Parisienne prétentieuse débarquant en zone rurale que j'imaginais. »
Quelles ont été les grandes étapes de votre parcours ?
Marie-Françoise Bechtel : Je suis née en Pyrénées-Orientales et j'ai fait le parcours républicain. Issue d'un milieu d'instituteurs, je suis professeure agrégée de philosophie. J'ai intégré l'Ena (promotion Voltaire de 1980 comme Hollande, Royal, Sapin ou Villepin « que je n'ai jamais vu ») via la voie interne réservée aux fonctionnaires avant de devenir membre du conseil d'État. J'ai participé à plusieurs cabinets ministériels. Auprès de Jean-Pierre Chevènement à l'Éducation nationale, je me suis notamment occupée de la question de l'enseignement privé après les grandes manifestations qui avaient entraîné la démission de Savary. C'était un dossier délicat mais passionnant. C'est là que j'ai eu le coup de foudre pour les idées de Jean-Pierre Chevènement, un homme qui était et qui reste en avance sur son temps. Puis, j'étais au cabinet de Michel Vauzelles à l'époque de la révision constitutionnelle engendrée par Maastricht. Un sujet difficile car j'étais opposée au traité. Et ensuite, de nouveau le cabinet de Chevènement lorsqu'il était à l'Intérieur. Depuis, j'ai aussi été la première femme à diriger l'Ena avant d'être virée par Raffarin, parce qu'il fallait recaser en urgence un ami de Chirac.
Comment assumez-vous votre casquette de « parachutée » ?
Les « implantés » d'aujourd'hui sont les « parachutés » d'hier. C'est une tradition de la gauche républicaine qui remonte au Front populaire qu'il y ait ainsi des accords nationaux entre les formations. Et les députés sont investis d'un mandat national. Je suis née en province, au fin fond des Pyrénées, la distance avec la capitale est beaucoup plus longue qu'entre Soissons et Paris. Le rural me parle. Je n'arrive pas ici pour planer au-dessus des militants locaux. C'est quelque chose de nouveau dans la vie, une nouvelle étape, je viens pour m'implanter. J'ai choisi de venir ici pour défendre ce territoire où se mélangent urbain et rural et où la crise à fortement frappé. Vouloir, connaître et défendre un territoire c'est une chose et les élus locaux le font très bien, mais établir le lien entre local et national, c'est autre chose.
N'avez-vous pas trouvé l'accueil, notamment des socialistes, un peu frais pour ne pas dire froid ?
Pas du tout, mais alors franchement pas du tout. Lors des dernières législatives j'ai été candidate dans l'Indre. J'ai obtenu 46 % alors que le PS m'a mis des bâtons dans les roues et qu'André Laignel organisait l'abstention dans sa ville. Ici, c'est le jour et la nuit. J'ai été très touchée par l'accueil loyal et amical par les responsables locaux et ceux de la fédération. J'ai aussi demandé à rencontrer les militants le plus vite possible (une réunion a eu lieu à la Mutualité de Soissons, samedi après-midi). Tout se déroule normalement. Quant à la question du suppléant, c'est quelque chose pour laquelle il faut prendre son temps, mais qui se fera aussi tranquillement. Je vais rapidement trouver un local personnel et un de campagne. Et je vais commencer à rencontrer, rencontrer et encore rencontrer…














